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 Le 15 mai, François Hollande, élu président de la république, a présenté son nouveau gouvernement. Au delà de la lutte des places, pour l'immense majorité de la population, rien n’a changé.

 

Les conditions de travail restent les même, avec la même charge, les mêmes pressions des chefs et, trop souvent, les mêmes conséquences dramatiques pour les salariés. Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple parmi de nombreux autres, on apprenait le 29 mai qu’un salarié de la Poste du centre de courrier de Noyal-sur-Vilaine, près de Rennes, s’est donné la mort par pendaison. Et si la direction, comme à chaque tragédie, à La Poste ou ailleurs, cherche à trouver des « raisons personnelles », le syndicat SUD du service rappelle les brimades que ce travailleur a dû subir, les réorganisations systématiques pour accroître le rendement au détriment des conditions de vie et de travail, et aussi, l’obstruction systématique par la direction de l’enquête du CHSCT suite au suicide, le 29 février dernier d’un autre postier du département, qui s’était défenestrer depuis La Poste République à Rennes.

 

 Concernant les salaires, rien à espérer. Si Hollande a confirmé le 29 mai un « coup de pouce » au SMIC, il ne s’est bien gardé d’avancer un chiffre précis, et a en même temps assurer qu’il veillera « à ce que ça ne déstabilise pas les entreprises », c’est-à-dire qu’il ne s’en prendra pas aux profits du patronat. Bref, rien à attendre si ce n’est des clopinettes, et pour celles et ceux qui, à peine au dessus du SMIC, galèrent tout autant pour boucler les fins de mois, il n’y a pas à attendre le moindre kopeck d’augmentation de la part de ce gouvernement. D’ailleurs, lors de la passation de pouvoir le 15 mai, Laurence Parisot, la présidente du MEDEF présente à l’Élisée pour l’occasion, a salué une cérémonie "pleine d’unité" et relevé avec satisfaction que François Hollande avait parlé "de la compétitivité" et dit sa "confiance" dans le dialogue social. Le patronat a bien raison, il n’a rien à craindre du nouveau gouvernement, c’est la bourgeoisie qui conserve le pouvoir réel, et cela montre bien à quel point, nous les travailleuses et les travailleurs, n’avons rien à attendre.

Et comme on s’en doutait, sitôt le cirque de l’élection présidentielle terminée, les plans de licenciements se multiplient dans toutes les régions et dans tous les secteurs d’activité. Toujours aucune garantie, d’ailleurs, pour les ouvriers de l’usine PSA d’Aulnay-sous-Bois. Supra annonce 96 suppressions d’emplois sur 320 dont une soixantaine à l’usine alsacienne d’Obernai ; Conforama annonce 288 suppressions de postes dans le service après-vente ; à l’aéroport de Mulhouse, Lufthansa annonce 276 suppressions d’emplois sur 350, à Angers, Technicolor a déposé le bilan de l’usine alors que le tribunal de Lorient plaçait en redressement judiciaire Navimo, en attendant la faillite redoutée de Doux, 343 licenciements à l’usine Meryl Fiber à Saint-Laurent-Blangy, près d’Arras ... et on pourrait multiplier les exemples sur des pages et des pages.

 

 Reste, pour certains, l’espoir que le nouveau gouvernement améliore au moins la situation des travailleurs sans-papiers. Pourtant, dès le 22 mai, 300 policiers et gendarmes ont investi le chantier du fort d’Issy-les-Moulineaux (92). Et dans la droite ligne du précédent gouvernement, ce ne sont ni les patrons ni les donneurs d’ordre comme Bouygues et BNP Paribas Immobilier qui profitent de la force de travail d’ouvriers sans-papiers et sur-exploités, qui ont été inquiété, mais bien les travailleurs. Sur 1.000 ouvriers présents sur le chantier, 670 ont été contrôlés et plusieurs dizaines ont été de fait licenciés sur le champ par la préfecture des Hauts de Seine, et, sous prétexte qu’ils n’avaient pas de titres de séjour, la préfecture a pris à leur encontre des arrêtés de reconduite à la frontière et des obligations de quitter le territoire, et certains ont même été placés immédiatement en camp de rétention.

Que ce soit contre les licenciements et le chômage, pour nos salaires, nos conditions de travail et la lutte contre le racisme d’État, il n’y a rien à attendre de ce nouveau gouvernement. Et encore, pour cause de législatives, Hollande et son équipe conservent leur visage souriant, avant de lancer, une fois les élections finies, des plans d’austérité et des nouvelles attaques anti-ouvrières.

 

Ainsi, l'Union Sociale Démocratique participera à toutes les mobilsations sociales pour faire entendre les revndications légitimes de l'ensemble de la population.